Les voiles peintes

 
La danseuse étoile!
 

La danseuse étoile!

 
Hauteur 23 ft, 7m
Largeur 10 ft, 3m
Surface 115 ft, 10,5m
Type de voile: Grand voile

 


Des senteurs de jazz - Voile La danseuse étoile!

J'écoute et je sens. Je sens la brillantine, le fard à joue. Ça sent la crinoline, les tortueux mouvements de danse sur des riffes de Benny Goodman. Wow! Je suis partie, pas à cause de la drogue que je prendrais; non, je suis partie en folie à cause de la batterie saccadée, des cuivres vraiment cuivrés, du piano qui semble doux mais qui se déchaine ou qui le fera bientôt. C'est de la musique urbaine dans un décor parfaitement rural. C'est la musique qui nous convoque à une assemblée urbaine de nouveaux citoyens. J'écris et je sens que ce n'est pas des lettres que j'écris, ce sont des notes que des éduqués joueront sur des instruments diaboliques. Voilà que se dessine une voix presque d'outre-tombe enregistrée sur des disques de cire. Au diable, la technique, le résultat vaut bien tous ceux de ces fous d'informatique d'aujourd'hui qui nous servent une technologie froide. Les voix se rassemblent autour de ces cuivres qui n'en finissent plus d'être cuivres et, parfois, la contrebasse se tape sur son gros bedon rond pour encaisser le rythme de ceux qui n'étaient pas très bien payés.

J'écoute et je sens. Je danse comme j'aimais danser avant de me taire. Comme un fou, comme un canard, comme une grenouille, comme un paon en laissant les œufs de ma belle atteindre les plus hautes mesures de la danse. J'ai des didididi en tête, des douilledi, des chabada, des liaaaaaaaaa, des poupas et voilà que c‘est maintenant reparti sur les chemins de campagne longés par des notes en rangée, en folie, en anarchie, nous faisant oublier les fraises qui défilent dans les chants et qui sentent bon le jazz. Ces crinolines multicolores qui, une fois enroulées dans les airs, laissent entrevoir les entrejambes merveilleuses des aussi folles que moi. Je saute dans une MG blanche, je mets la radio à fond et voilà la vitesse entreprise autour du monde. Je rencontre des japonaises, des chinoises aussi, qui, à cause du rythme, se délaissent de leurs orthographes complexes en simulant la névrose rythmique des américains. Je visite les mondes et j'y trouve des cellules inhumaines qui sont quand même la vie nocturne des paumés de la danse jazzée. Et voilà que la batterie se fait percutante, qu'elle se promène sans le batteur dans les rues émeutières et étudiantes. Je suis sur le bord de l'apoplexie inexpressive et les saccades me font rêver à la vie que nous avons déjà quittée.

Nous avons peur de la libre expression parce que nous avons peur de la liberté et si nous apprenions à danser partout avant même que de chanter ou de dire des mots inutiles, nos maladies seraient atténuées, grandement atténuées. Vivre sa folie avant de mourir en forme de mépris. Je préfère la clé de sol à la clé des champs.

Je suis ce que je suis, une série de cellules mélodiques qui ne demandent qu'à être laissées au grand air dans des chants hors dimensions, presque d'un âge inconnu sur une mer énigmatique.

Marc-André Lévesque
2013
Voile peinte intitulée La danseuse étoile
 
 


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