Les voiles peintes

 
Plaisirs d'été !
 

Plaisirs d'été !

 
Hauteur: 28 ft (8,4 m)
Largeur: 9 ft (2,75 m)
Surface: 126 sqft (11,6 m²)
Type de voile: Grand voile

 


En haut du mat – Voile « Plaisirs d'été ».

C'était une journée d'une rare beauté. Tôt le matin, le vent s'était levé faiblard mais suffisamment présent pour gonfler une voile. Un vent du matin qui suit la levée du soleil pour s'éteindre en après-midi.
Du haut du mat, il les avait vus s'approcher du voilier avec une démarche joyeuse. Affublés de bagages légers, ils s'étaient embarqués avec une rapidité laissant ainsi soupçonner une hâte de passer une partie de la journée en mer.
Celui qui semblait le plus expérimenté avait donné l'ordre de départ. Les autres avait levé les amarres et préparé le cordage avant de gréer la voile. Tout s'était passé avec rapidité et harmonie. Le capitaine avait ensuite coupé le moteur et le voilier s'était soulevé au-dessus de l'eau entrainé par une bonne vitesse de croisière. Au même moment, les visages de chacun s'étaient garnis d'un large sourire. Bientôt, le spinnaker avait été lancé, il s'était gonflé en tirant le voilier vers le large.
Agrippé solidement au haut du mat, le gonflement de la voile lui avait fait perdre de vue la majorité des passagers. Seules des parties de corps étaient restées visibles : des jambes, des bras et le torse du capitaine tenant bien serrer le gouvernail entre ses mains. Parfois, l'un d'entre eux, en passant sur le seul endroit totalement visible, relevait la tête vers lui, mais leurs regards ne se rencontraient pas.
Derrière , la traînée d'écume s'étirait au loin. De petites vagues frappaient le voilier à bâbord comme à tribord. Au-dessus du mat et de sa tête, le ciel était d'un bleu pure, sans nuages. Le bruit du vent dans les voiles et celui de l'eau qui longeait le bateau étaient tout ce qu'on pouvait entendre. En haut du mat, il s'était endormi.
Le capitaine du voilier maintenait un cap qui n'éloignait pas trop de la côte. Son expérience le guidait, la mer, et précisément cette portion de mer, n'avait plus de secret pour lui. Il savait pertinemment que le vent nourrirait leur course qu'une partie de l'après-midi et déjà, vers les 13 heures, il pouvait sentir que ce vent avait beaucoup diminué. Bientôt, dans un effort de trouver le souffle salvateur, il lui faudrait convenir que les voiles ne seraient plus suffisantes pour la navigation, il lui faudrait alors repartir les moteurs. Avant, pour profiter du paysage à couper l'envi de partir, ils jetèrent l'ancre.
Les passagers avaient sorti la nourriture pour un festin sur mer, ils s'étaient aussi affublés de chapeaux pour se protéger de l'insolation. C'est dans ce brouhaha un peu plus bruyant que notre ami du mat s'était réveillé. Il avait jeté un regard en bas. Tout avait changé : plus de voiles, et des chapeaux se dandinant sur des jambes déjà un peu bronzés.
Du continent, pour ceux qui regardaient la mer, le ciel se mariait avec l'eau. Tout ce qui s'y trouvait semblait se tenir ainsi dans l'espace. Tout le voilier était devenu comme un oiseau au repos. Ses passagers étaient prostrés devant le silence.

Du haut de son mat, la faim le tenaillant, il s'était envolé dans un bruit qui coupa l'air d'un coup. Les passagers avaient sursauté et, c'est à ce moment précis qu'ils avaient suivi des yeux le vol de l'oiseau jusqu'à ce qu'il disparaisse dans un horizon flou. Un cormoran avait adopté le voilier.
Plus tard, en fin d'après-midi, lorsque le voilier et son équipage étaient de retour au quai, lui, le cormoran était revenu se jucher au haut du mat. La journée avait été merveilleuse pour tous. À leur départ, les heureux passagers avaient jeté un regard respectueux sur celui qui gardait les lieux.

Mars 2013
Marc-André Lévesque
Titre de la voile peinte : Plaisirs d'été
 
 


Petite maquette - voilier en bois de grèveRetourPlanches en folie !
 
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