Les voiles peintes

 
A tout coeur !
 

A tout coeur !

 
Hauteur: 22 ft (6,7 m)
Largeur: 7,5 ft (2,3 m)
Surface: 82,5 sqft (7,7 m²)
Type de voile: Grand voile
 


Mer qui roule - Voile À tout coeur!

Parvenu au bout de distances québécoises, fatigué, il stationne son véhicule surchauffé sur un terrain  d'où il peu voir le large et puissant fleuve qui se déroule devant lui. Ses yeux se posent un instant sur le rétroviseur. Il y voit une église plantée de l'autre côté de la route à coups de pierres grises.  Cette réalité cache des strates de son enfance passée là dans des odeurs d'encens et les chants liturgiques.  Durant ce même instant où le passé surgit ses yeux s'embrouillent de larmes qui lavent les souvenirs. Ces derniers disparaissent doucement.
Pour mieux se situer dans le présent, il insert un CD dans le lecteur. C'est de la musique de Tchaïkovski.  Le vent souffle du nord. Le fleuve est semé de vagues moutonneuses. Au-dessus d'elles, des goélands se font porter par les courants d'air. Lorsque la musique parvient à construire un environnement tout en douceur, tout en rondeur, les goélands, sans le savoir, participent à un bal aérien. Grandiose. Il se laisse envahir par ce contact avec le bonheur qui a souvent tendance à ne pas durer longtemps.
Il regarde alors tous les détails de ce ballet aérien. Des rosiers sauvages s'agrippent aux roches qui ont été déposées pour protéger les berges. Ces rosiers rabougris sont clairsemés. Les grandes marées d'automne ont déchargé du sable dans les espaces qui les distancient. En plus des goélands qui poursuivent leur danse, le ciel est parcouru de nuages qui s'effilochent au vent. Il fait le ménage permettant ainsi au soleil de s'éclater au grand jour. Tout comme pour les oiseaux, leurs mouvements se marient au rythme de la musique augmentant ainsi  les impressions qu'elle peut nous suggérer. Magnifique!
Les pensées de notre personnage vagabondent d'une strate de sa vie à une autre. Quelques unes se fixent à son enfance.
La plage est différente. Sa pense est plus douce. Il se voit. Il est accompagné de sa grande sœur qui le surveille se surprendre des découvertes qu'il fait. Chaque grain sable suggère une question qu'il n'arrive pas encore à formuler  clairement. Il lui manque les connaissances et le vocabulaire pour y arriver. Il comprend cependant que le fleuve est suffisamment fort pour soutenir les bateaux qui sont sur son dos. Il comprend aussi qu'il contient des créatures qui se laissent prendre par le pêcheur pour nourrir sa famille. Il comprend aussi que si, nous arrivions à respirer sous l'eau, tout serait beaucoup mieux pour l'humanité et pour lui-même parce qu'il appréhende la  noyade.  Il comprend enfin que sa famille aime le fleuve comme lui, que sa rondelette mère a crevé ses eaux souvent devant lui juste pour que les petits mousses regardent les couchers de soleil.
La musique se termine soudainement, il ressort de ses pensées au même moment avec un sourire. Il se souvient du surnom qu'il avait trouvé à cette mère contagieuse, « Petite mère qui roule n'amasse pas mousses». Puis, il démarre son automobile et continue son voyage le long du fleuve et de sa vie.

Marc-André Lévesque
Avril 2013
Voile peinte À TOUT COEUR
 
 


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